Haïti-Matthew : Le calvaire des sinistrés !

Haïti-Matthew : Le calvaire des sinistrés !

Des sinistrés de l’ouragan Matthew squattent une parcelle de terre à « Kafou Diri », située à l’entrée de la ville de Jérémie dans le département de l

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Des sinistrés de l’ouragan Matthew squattent une parcelle de terre à « Kafou Diri », située à l’entrée de la ville de Jérémie dans le département de la Grande-Anse, construisent des taudis pour se protéger surtout du soleil. Ces sinistrés n’ont toujours pas reçu l’aide humanitaire, ils sont en proie à une famine aigue.

Visiblement frustrés, ils prévoient d’attaquer les convois humanitaires qui traversent la ville de Jérémie pour se rendre dans d’autres communes du département de la Grande-Anse.

Reportage de notre envoyé spécial dans le Grand Sud Peterson Chéry.

A l’entrée de la ville de Jérémie sur la main droite, des sinistrés occupent arbitrairement un vaste terrain appartenant disent-ils au groupe Méthodiste de Jérémie. A l’aide de pioches et de machettes ces sinistrés définissent leur frontière afin d’entamer leur construction sur cette terre humide : symbole d’un « Canaan » en gestation.

A lire:www.alterpresse.org/spip.php?article12199#.WAkE1FThAdU

Sous une fine pluie, Sanon Prophète, un rescapé de l’ouragan Matthew construit un taudis à l’aide de morceaux de toiles, de bouts de tôles déchirés par les vents du cyclone pour se mettre à l’abri du soleil. « Tous les gens essaient de trouver un endroit pour se mettre à l’abri des intempéries. Ces morceaux de tôles nous les avons récupérés dans les débris emportés par les vents de l’ouragan », confie Sanon Prophète.

Ces sinistrés occupent cette parcelle de terre sans l’autorisation des autorités de la mairie de Jérémie. Ils n’ont accès ni à l’aide alimentaire ni à l’eau voire l’eau potable. Ils se nourrissent de noix de coco tombés des cocotiers par la force des vents.

La famine frappe déjà à la porte de ces rescapés de l’ouragan Matthew, parmi eux des enfants qui n’auront même pas les noix de coco comme ration alimentaire. « Quand il pleut c’est comme si on était en plein air. Les enfants sont trempés, ils sont tombés malades à cause du froid… Ici ce sont les noix de coco et banane tombés par la force des vents de l’ouragan qui nous servent de nourriture », explique Christela.

Au port de Jérémie un paquebot humanitaire en provenance de la Hollande transportant des kits d’hygiène destinés à la Croix Rouge Haïtienne au profit des victimes a été obligé de rebrousser chemin faute de sécurité pour son équipage.

L’aide humanitaire arrive au compte goutte au port de Jérémie, les plus robustes s’accaparent de tout. Une octogénaire s’est fracturée le genou droit en allant récupérer de l’aide humanitaire. Une situation douloureuse qui donne froid au dos. « On est foutu. Les forts vents et les eaux en furie ont emporté tous nos biens, déclare-t-elle mort dans l’âme… Pourquoi Dieu n’a-t-il pas ôté ma vie se demande-t-elle.

Depuis le passage de l’ouragan Matthew sur le pays personne n’a volé au secours des sinistrés de « Kafou diri ». Pas d’aide médicale ni distribution d’eau encore moins de nourriture. Beaucoup d’entre eux, dans les prochaines semaines, seront sans doute obligés d’abandonner leur région pour s’établir dans la capitale.

Ecoutez l’audio ici:

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