Haïti-Police : Le RNDDH attire l’attention du président Jovenel Moise sur une situation qui se développe au sein de la Police Nationale d’Haïti

Le Réseau National de Défense des Droits Humains dans une correspondance adressée le mercredi 3 Mai attire l’attention du président Jovenel Moise sur une situation qui se développe au sein de la Police Nationale d’Haïti (PNH) et qui, si elle n’est pas jugulée très rapidement, risque de constituer un obstacle au bon fonctionnement de l’institution policière et peut entrainer de très graves conséquences.

Le RNDDH dans une correspondance adressée le mercredi 3 mai 2017 au chef de l’état fait remarquer que la résolution adoptée par le sénat le 15 mars dernier pour condamner l’arrestation suivie du transfert de Guy Philippe aux Etats-Unis dans laquelle les sénateurs avaient exigé des excuses publiques du directeur général de la PHN, Michel-Ange Gédéon et du directeur de la DCPJ, Normil Rameau a aggravé cette crise naissante.

D’autres sénateurs en réclamant la destitution du directeur général de la PNH ont remis en question la séance en assemblée plénière du mardi 23 août 2016,  au cours de laquelle le choix de Michel-Ange GEDEON comme Directeur Général de la PNH pour un mandat de trois (3) ans, a été ratifié à l’unanimité par les dix-huit (18) Sénateurs présents, selon l’article 270 de la Constitution et l’article 22 de la Loi portant Création, Organisation et Fonctionnement de la Police Nationale d’Haïti souligne le RNDDH.

Depuis le transfert aux Etats-Unis de Guy PHILIPPE, une atmosphère de tension règne au sein de la PNH. Elle est maintenue par des rumeurs persistantes de changements imminents à la tête de l’institution policière.

Le 7 avril 2017, à l’Arcahaie, un véhicule de transport en commun a été placé en travers de la route, quelque temps avant le passage du cortège présidentiel ce qui a ouvert la voie à toutes sortes de spéculations et qui a même poussé la Présidence à qualifier cet acte de terrorisme. Plusieurs individus ont été arrêtés et sont aujourd’hui encore incarcérés, sous les chefs d’accusation de complot contre la sûreté intérieure de l’Etat, complicité et tentative d’assassinat et attaque sur le cortège présidentiel. A la suite de ces événements, plusieurs changements ont été opérés au sein de la PNH fait remarquer le réseau national de défense des droits humains.

Additionnés au fait que des sénateurs avaient préalablement exigé la destitution du Directeur Général de la PNH, dans le cadre du dossier de l’arrestation de Guy PHILIPPE, ces changements ont aggravé la situation de tension qui existait déjà au sein de la PNH. Il s’y est aujourd’hui instauré une atmosphère d’anxiété et de confusion, ce, d’autant plus qu’il circule une liste émanant de la Présidence, faisant état de plusieurs hauts gradés de la PNH appelés à être transférés de l’institution policière.

Il ne fait donc aucun doute que la PNH, chargée de maintenir l’ordre en général et de prêter force à l’exécution de la Loi et des Règlements, ne peut travailler ainsi. Il lui faut, en plus des ressources humaines et matérielles adéquates, de la sérénité pour mener à bien ses tâches, écrit le RNDDH.

L’organisation de défense des droits humains rappeler au chef de l’état que selon le vœu de l’article 141 de la Constitution en vigueur, nous citons « Le Président de la République nomme après délibération en conseil des ministres, puis approbation du Sénat, le commandant en chef des Forces armés d’Haïti, le Commandant en chef de la Police Nationale, les ambassadeurs et les consuls généraux et les conseils d’administration des organismes autonomes. » Conséquemment, Monsieur Gédéon détient un mandat de trois (3) ans, qu’il doit mener à terme et que doivent respecter toutes les institutions en particulier le Sénat et la Présidence.

Aussi il est du devoir du chef de l’état, au nom de la continuité de l’Etat et en tant que garant des institutions étatiques, de veiller à la stabilité de l’institution policière, d’assurer son fonctionnement régulier, et de la conforter dans son travail quotidien, souligne le directeur exécutif du RNDDH, Pierre Espérance dans cette correspondance adressée au président Jovenel Moise.

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