LA LOGIQUE DU CHAOS…

LA LOGIQUE DU CHAOS…

Par Hérold Jean-François Diffusé à l'émission Point du Jour de Radio IBO le lundi 25 juillet 2016 Nous nous acheminons vers une dévaluation cons

Résumé de l’actualité du jeudi 13 juillet 2017
Haïti-politique : Le président élu Jovenel Moise dans le viseur d’un groupe de sénateurs.
Haïti-Politique : Le premier ministre Jack Guy Lafontant et son cabinet ministériel ont gagné une première manche

Par Hérold Jean-François

Diffusé à l’émission Point du Jour de Radio IBO le lundi 25 juillet 2016

Nous nous acheminons vers une dévaluation conséquente de notre Gourde qui dégringole de jour en jour à chaque nouvelle transaction et dans les super marchés, l’ajustement des prix est déjà effectif. On paie déjà de 10 à 26%  plus cher pour certains produits, comparée à la mi-juillet 2016.

La zone métropolitaine de la capitale augmente en laideur tous les jours et l’hygiène publique est devenue un véritable défi. Il faut peut-être revenir à 1989 où nous avions un sérieux déficit dans le ramassage des ordures pour trouver une situation d’insalubrité aussi préoccupante.

L’État est dépourvu de moyens, l’économie est exsangue, les difficultés des uns et des autres pour faire face aux obligations renvoient à une situation de pré-faillite. L’économie est en mode décroissant, les prévisions de croissance sont revues à la baisse suivant les données des autorités monétaires, le défaut d’investissements, l’arrêt des chantiers publics, l’assèchement des fonds du Petro Caribe, le désengagement du financement international, le gel de la coopération bilatérale sont autant d’aspects qui font que l’étouffement d’Haïti est garantie.

Or nous prétendons nous assumer pleinement en ignorant l’argent de l’étranger que l’on avait à tort comptabilisé dans notre Budget national, pour financer nos élections et faire comme si les choses allaient bien en affichant un train de vie insolent pendant les cinq dernières années d’un pouvoir aussi bambocheur que prédateur.

En octobre 2016 nous prévoyons d’aller aux élections pour mettre fin à la déconstruction démocratique planifiée sciemment par l’administration Martelly. Tout le monde est d’accord pour qu’Haïti relève la tête et initier le rapatriement de ses prérogatives de souveraineté en garantissant le financement du processus électoral à partir des ressources internes. Il va falloir être ingénieux pour trouver l’argent nécessaire en détournant des rubriques dans l’ancien Budget, car le Parlement insouciant que nous avons avait boudé la convocation du Président provisoire au menu duquel figurait le vote d’un Budget rectificatif. Ou il faudra aller sur le marché emprunter de l’argent dans les réserves disponibles ou souscrire un emprunt public en utilisant les mécanismes du système.

Ce sont là autant d’hypothèques sur le prochain mandat régulier. Le Président qui sortira des prochaines élections devra avoir des reins solides, une détermination de fer et de l’imagination pour nettoyer les écuries d’Augias et mettre de l’ordre en imposant des sacrifices chez un peuple habitué certes à la souffrance, aux privations et à des conditions de vie extrêmes, mais peu enclin à se conformer à des cures amaigrissantes suivant le modèle de ce que l’on a vu à Cuba de 1959 à nos jours. Et dans notre cas, n’est-il pas difficile d’imaginer imposer plus de restrictions encore à un peuple dont les données des institutions financières indiquent que sa grande majorité survit avec moins de 2 dollars américain par jour, soit 128.80 gourdes au taux de 64.40 gourdes pour 1 dollar, le 25 juillet 2016?

Mais qui se soucie en Haïti des données statistiques, des chiffres indiquant toutes sortes de malaises et de déséquilibres macro-économiques? Nos politiciens? Nous savons tous déjà qu’Haïti est une République d’individus où les intérêts personnels des uns ne leur laissent pas le temps de se lamenter sur les difficultés du reste de la population. Si vous aviez besoin d’un exemple, tournez le regard sur le Parlement en auto-veilleuse depuis des mois et où de façon miraculeuse on a pu tenir une séance le 20 juillet dernier, le temps d’accorder décharge de leur gestion à deux Sénateurs, un Questeur et un ancien Président du Grand Corps. En d’autre temps, il faudra revenir et questionner certaines pratiques qui se donnent libre cours au Parlement en matière de reddition de comptes…Ici, on n’est dans un monde non-orthodoxe…Les normes qui s’appliquent ailleurs en matière de contrôle des actes et de la gestion des deniers publics se règlent de manière débonnaire, à la bonne franquette. Le temps de dire pour assis contre debout comme cela se faisait à la Chambre unique des Duvalier, le rapport de gestion des comptables des Chambres législatives est libéré et le parlementaire en question a les coudées franches pour se porter candidat et revenir à la charge, avec la plus grande complicité de ses pairs…Pauvre peuple, cadet des soucis de ses mandataires!…

DE LA CLASSE POLITIQUE HAÏTIENNE…

Bizarroïde serait le mot qui conviendrait pour qualifier nos femmes et nos hommes politiques. Elles et ils agissent à l’opposé de ce qu’elles ou ils disent. Ils combattent les élections, mais ils se portent candidats aux mêmes élections. Le premier qui dénonce la convocation par le Président provisoire du peuple dans ses comices est celui-là même qui, à l’encontre de ses convictions et positions tapageuses dans les médias quant à la réalité au Grand Corps,  se compromet en faisant toutes les contorsions pour que séance se tienne afin d’obtenir décharge de sa gestion et s’inscrire en bonne et due forme pour participer aux élections dont il vient juste de condamner la convocation par le chef de l’État! Hypocrisie!

Et par rapport aux autres qui condamnent le fait par Jocelerme Privert de convoquer le peuple pour aller voter aux élections en invoquant par ailleurs son défaut de qualité pour le faire, que comprendre de cette attitude?

Depuis le 14 février 2016 nous sommes dans une situation de fait. Nous avons un Président hors-norme sorti des artifices de l’interprétation de l’article 149 de la Constitution amendée. Or nous savons tous que si ce n’est simplement l’esprit dudit article, il n’y a rien dans sa lettre qui correspondait à la réalité politique d’Haïti au 7 février 2016. Nous soumettons à votre attention, pour rappel, les prescrits de l’article 149 de la Constitution de 1987 amendée.

“En cas de vacance de la Présidence de la République soit par démission, destitution, décès ou en cas d’incapacité physique ou mentale permanente dûment constatée, le Conseil des Ministres, sous la présidence du Premier Ministre, exerce le Pouvoir Exécutif jusqu’à l’élection d’un autre Président.

Dans ce cas, le scrutin pour l’élection du nouveau Président de la République pour le temps qui reste à courir a lieu soixante (60) jours au moins et cent vingt (120) jours au plus après l’ouverture de la vacance, conformément à la Constitution et à la loi électorale.

Dans le cas où la vacance se produit à partir de la quatrième année du mandat présidentiel, l’Assemblée Nationale se réunit d’office dans les soixante (60) jours qui suivent la vacance pour élire un nouveau Président Provisoire de la République pour le temps qui reste à courir.”

Vous êtes d’accord que rien de ce qui précède ne correspondait à la situation de Michel Martelly qui a épuisé les dernières secondes de son mandat de cinq ans dont il a JOUI pleinement…Dans ce cas, l’élection de Jocelerme Privert au second degré est plus le résultat de l’acceptation d’un fait accompli, à la lumière de l’esprit de l’article 149 de la Constitution. L’épuisement des 120 jours alloués sans que les tâches à accomplir l’aient été effectivement, fait-il de Privert un Président avec moins de légitimité qu’avant? Nous ne le pensons pas. Et si nous étions dans une situation où la classe politique se souciait uniquement du bien de la nation, sans à priori idéologique basé sur des objectifs peu nobles comme prendre le contrôle du pays par l’intermédiaire d’un nouveau Président “pope twal”, depuis le 14 juin dernier, l’Assemblée  Nationale se serait réunie sans idée préconçue pour constater les faits et convenir de la poursuite de l’expérience, sans interruption, jusqu’à la passation de pouvoir, le 7 février 2017.

Mais il y en a ceux qui ont d’autres agendas, ceux qui rêvent d’une transition sans fin conformément à leurs plans et projets qui ne sont pas toujours avouables…Les adversaires de Jocelerme Privert semblent avoir perdu la raison à un point tel, qu’ils sont tout à fait déconnectés d’avec la réalité. Nous avons un train électoral en marche, jusqu’à présent, le processus est à jour et à l’heure; nos donneurs de leçons de la communauté internationale semblent vouloir réajuster leur attitude; le gouvernement gère tant bien que mal les affaires courantes; ; le pays est dans un statu quo déprimant mais fonctionnel. Qui, dans le pays, est gêné par la présence de Jocelerme Privert? Qui a véritablement aujourd’hui, comme priorité, un changement de Président provisoire? Qui est incapable de comprendre que tout coup de frein à la marche actuelle des choses sera fatal pour le calendrier électoral tel que déployé?

Les artisans de l’ombre et les forces des ténèbres qui guident la main de l’insécurité qui frappe avec la dernière méchanceté n’ont pas encore réussi à retourner la vapeur en leur faveur en comptabilisant les morts issues de la violence planifiée en défaveur du pouvoir en place. Les actes spectaculaires pour créer la dynamique du chaos, on ne saurait les imputer à l’administration Privert/Jean-Charles. Au contraire, on serait plus enclin à les mettre au compte de ceux-là qui regrettent d’être partis trop tôt du pouvoir et qui rêvaient hier encore de permanence dans les meubles de l’État. Rêve contrarié par le rapport de la Commission d’Évaluation et de Vérification Électorale qui a poussé à l’annulation des présidentielles. Ceux qui ont la nostalgie du pouvoir sont en train de mal faire et de jouer mal. Ils n’ont pas les suffrages de l’opinion publique et leurs faux pas peuvent vite les mettre dans une posture de délinquants auxquels l’on créditera tous les forfaits récents. Les enquêtes du FBI sur les tirs sur les façades d’édifices appartenant au capital étranger; les investigations en cours au niveau des institutions locales sur les mêmes agressions n’emprunteront-elles pas les mêmes canaux pour couler vers la même embouchure? La faiblesse du pouvoir, son incapacité à traîner devant la justice des citoyens jusque-là intouchables, son laxisme qui a permis à des forces occultes d’agir en toute impunité en semant le deuil ici et là, ne sont-ce pas là un ensemble de reflets rejaillissant sur une certaine opposition et sur sa capacité à créer des situations dont elle pense pouvoir en être en même temps l’auteure et  la dénonciatrice?

Coup double, jeu malin, mais jeu dangereux. Parce que si l’on attaque ça-et-là, l’on tire sur des édifices, l’on active la main de l’insécurité qui frappe de manière aveugle et qu’en face le pouvoir est comme tétanisé et incapable de réagir, faut-il bien que quelque part, quelqu’un, un groupe ou une association de personnes soit derrière tout cela? Alors, les observateurs tout comme l’opinion publique doivent se tarauder les méninges pour identifier les agresseurs. L’opposition frontale à Jocelerme Privert ne saurait sortir vierge de l’esprit ou de la perception de chacun quant à l’actuelle réalité taillée sur mesure pour les besoins d’une cause pour le moins perdue, nous semble-t-il…

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